Martin Hirsch nommé haut Commissaire aux solidairtés actives contre la pauvreté

En décembre 2004, le Gouvernement m’avait demandé, à titre personnel et en raison de mon expérience de Président d’Emmaüs France, de présider une commission « Familles, vulnérabilité, pauvreté ». Cette mission m’avait été confiée par Philippe Douste-Blazy, alors Ministre des solidarités, de la santé et de la famille et avait produit 15 résolutions élaborées par un groupe réunissant des responsables syndicaux et associatifs, des élus de la majorité et de l’opposition, des experts de différentes disciplines

Parmi ces résolutions destinées à permettre une politique durable de réduction du nombre d’enfants pauvres, figurait la création d’un revenu de solidarité active, dans le cadre d’une réforme en profondeur des minima sociaux.
La commission avait envisagé de mettre en place ces propositions, dont le revenu de solidarité active, par des programmes expérimentaux. Pour accélérer la mise en place de ces programmes, et devant l’intérêt marqué par plusieurs collectivités territoriales – notamment des départements faisant face à l’augmentation du nombre d’allocataires de RMI - plusieurs membres de la commission ont estimé nécessaire de créer une association : l’Agence nouvelle des solidarités actives a été ainsi constituée en janvier 2006. Quelques mois plus tard, le Premier ministre, Dominique de Villepin et le Ministre de la cohésion sociale, Jean-Louis Borloo,  ont donné leur accord pour que cette démarche expérimentale soit soutenue par le Gouvernement. Une nouvelle mission, cette fois plus opérationnelle, m’a été confiée et j’ai été détaché pour diriger l’Agence nouvelle des solidarités actives, dans le cadre d’une convention avec l’Etat. Deux dispositions législatives ont entrouvert, début 2007,  une possibilité pour les départements volontaires, de déroger aux mesures générales dans le cadre d’expérimentation sur le retour à l’emploi des allocataires de minima sociaux. Quatorze départements, de différentes colorations politiques, ont manifesté leur intention de demander à bénéficier de ces dérogations.
Au cours de la campagne électorale, plusieurs candidats ont inscrit dans leur programme la création du revenu de solidarité active, notamment les deux candidats présents au deuxième tour, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Le Président élu m’a confirmé sa volonté de le mettre en œuvre et m’a demandé d’assurer le pilotage d’une réforme des minima sociaux, telle que proposée par la commission que j’avais animée. J’ai souhaité pouvoir le faire dans le cadre des responsabilités que j’exerçais.  Cependant, le Président de la République a estimé que le pilotage d’une telle réforme nécessitait, compte tenu de sa complexité et de ses implications sur le système actuel d’aide sociale, d’être exercé au sein du Gouvernement.    Je n’ai pas accepté un titre ministériel, mais  ai donné mon accord à une nomination, dans des fonctions nouvelles de Haut Commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, pour mettre en œuvre ces réformes.
Cette situation nouvelle  me conduit à démissionner de mes responsabilités de président d’Emmaüs France, par anticipation d’un an sur la date de fin de mon dernier mandat en mai 2008.Il est évident que le mouvement Emmaüs, dont l’indépendance est constante à l’égard des pouvoirs publics et politiques, n’est en aucune manière engagé par mes choix personnels d’une implication plus directe dans la mise en œuvre de ces réformes. C’est soucieux de cette indépendance que je n’ai pas sollicité de position officielle d’Emmaüs France, tout en recueillant de très nombreux avis au sein du mouvement qui tenait son Assemblée générale il y a quelques jours.  Cela a été un incomparable honneur de présider pendant cinq ans le Conseil d’administration d’Emmaüs France et je serai toujours redevable à tous les militants du mouvement des moments que nous avons vécus ensemble et conserverai au plus profond de moi-même les valeurs que nous avons en partage.
                               Martin HIRSCH